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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 12:21

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Les envies de fugue existent. Il pourrait parfois s'agir de DROMOMANIE:  link

Au lendemain de l'atterrissage de Philae, le coeur joyeux de cette perspective nouvelle et immense, voici un poème qui traite de détention car nous serons sans doute encore pour quelque temps les prisonniers du monde...

 

 


Ici nous voici revenus de voyage dans ce lieu connu exploré longuement ce lieu si bien connu moins familier pourtant qu'un pays natal moins doux et dont on pense avoir fait le tour alors que nous n'avons jamais fini d'en faire le tour craignant l'incertitude de ses frontières, dans ce lieu où l'on ne peut que demeurer sans certitude d'y être (mais être supposerait ce lieu) sans qu'il ne soit jamais dit que en sommes les prisonniers,Ici nous nous tenons pour cause de gravité et nous avons longtemps hésité avant de sortir de l'eau pour y poser le pied, d'où cette maladresse dans nos gestes comme si nous marchions avec des ailerons comme si nous aspirions de l'eau comme si nous regrettions d'être nés, échoués sur la plage, dans la plus complète déréliction, avec d'autres êtres malformés qui nous regardent, méfiants, se demandant si c'est bien Ici que nous devons être: chez eux, chez nous, d'où encore cette hésitation à vivre, entre passé et présent, entre arrachement et colère, désir et regrets, dans un hiatus, comme au fond d'une fosse marine, ensommeillés, attendant de nouveaux voyages qui ne viendront pas car il n'est plus permis d'être nomade mais on tolère les rêves de départ, mais on tolère les rêves, s'ils ne font pas de bruit.

 

Ici est le sol. Il ne cède rien à nos rêves, rien à nos envolées, brutal comme un fond de piscine vide ne permet qu'aux murs de s'élever fait du territoire un charnier de la création un champ de bataille une boue pour des êtres rampants.

 

Parfois un cauchemar réveille le malade. Il a oubié où il est, il ne reconnaît rien voit des fleurs nouvelles sur la tapisserie Ici se glisse quelquepart entre les fleurs, étrange et banal comme l'instant d'une fête trop brève sous la tente, comme la table où se partage le repas avant l'Ascension, minuscule espace où se croisent nos vies, instant de la fécondation.

Envie de fuir triste décor mêmes murs mêmes gens pendules qui se traînent revenir sur les mêmes cases le mur d'en face jusqu'à s'halluciner apercevoir les masques des disparus entendre le retour des prophètes en marche dans la plaine.

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